CHUTE DU CHEVEU : ALOPECIE ET CALVITIE

On ne perd pas ses cheveux du jour au lendemain! Simplement, avec le temps ou de manière plus précoce, ils poussent de plus en plus fins et de moins en moins nombreux jusqu'à disparaître définitivement.


  Un phénomène aux causes multiples



La chute progressive des cheveux s'appelle l'alopécie. La calvitie en est son développement ultime. Le mot "alopécie " vient du grec "alopex" qui signifie "renard", cet animal étant susceptible de perdre ses poils sous l'effet d'une maladie. Mais le cheveu n'est pas un poil et l'alopécie n'est en aucun cas une maladie !

Si les causes profondes de l'alopécie sont encore mal connues, certains phénomènes qui lui sont associés ont été découverts. On a pu ainsi établir un lien entre l'apparition de l'alopécie et la rigidification de la gaine conjonctive du follicule pileux. Le durcissement de cette gaine freine le développement du follicule pendant la phase anagène. Le cheveu manque alors de vigueur et s'affine. Cycle après cycle, le follicule se réduit davantage et finalement, miniaturisé, il ne produit plus qu'un simple duvet ..

Pendant le déroulement du phénomène alopécique, les cheveux en phase télogène sont donc de moins en moins remplacés et la proportion de cheveux en phase anagène diminue, entraînant avec elle une baisse progressive de la densité capillaire.

Que ce soit chez l'homme ou chez la femme, cette diminution lente et progressive de la densité capillaire, fréquemment observée à partir de 50 ans environ, est un phénomène absolument naturel, lié au processus du vieillissement.

Cependant, en particulier chez l'homme, l'alopécie peut parfois commencer son évolution beaucoup plus tôt. Elle met alors en jeu des facteurs divers.

  Le facteur hormonal
Bien que plusieurs hormones semblent contrôler la croissance du cheveu, il est certain que les hormones mâles, les androgènes , jouent un rôle primordial dans l'apparition de l'alopécie. Ces hormones, en particulier la testostérone, tendent en effet à atrophier le follicule pileux. On comprend alors pourquoi cette forme d'alopécie précoce, dite androgéno-génétique, touche infiniment plus les hommes que les femmes : chez elles, les hormones féminines, les oestrogènes , protègent le follicule de l'action des androgènes. Une illustration de cette protection féminine est offerte par un phénomène que connaissent bien les jeunes mamans : il s'agit de la chute abondante de cheveux quelques mois après l'accouchement. Répondant au joli nom d'effluvium post-partum , ce phénomène s'explique aisément. Pendant la grossesse, l'immense imprégnation oestrogènique du corps de la femme empêche les cheveux de passer en phase télogène. Pendant 9 mois, ils se retrouvent en quelque sorte coincés en phase de croissance. Lors du rééquilibrage hormonal qui a lieu après l'accouchement, l'ensemble de ces cheveux passe dans la phase télogène qui s'achève 2 ou 3 mois après par la chute massive de ces cheveux. Le cycle habituel peut alors reprendre et la chevelure retrouvera rapidement son aspect ordinaire.
En ce qui concerne la femme, ce n'est qu'après la ménopause qu'une forme diffuse d'alopécie est susceptible de s'installer, en raison de la chute brutale du taux d'ostrogène. Cette alopécie peut être évitée par des traitements hormonaux de substitution.


Enfin, pour souligner la complexité des phénomènes hormonaux, il n'est pas inutile de remarquer que si les androgènes sont néfastes aux cheveux en terme de croissance, ils favorisent par contre la pousse de la barbe. Ainsi des zones distantes d'à peine 10 centimètres peuvent offrir des réponses opposées à la même hormone.

  Le facteur génétique
Qu'on la considère par le biais de l'hérédité ou du point de vue ethnique, la génétique joue un rôle important dans l'alopécie.
Le fait que l'on soit très souvent chauve de père en fils tend à montrer que l'alopécie est génétiquement programmée. Cependant la complexité du phénomène fait douter de l'existence d'un gène spécifique de l'alopécie et il est au bout du compte peu probable qu'un gène unique en soit à l'origine. D'autre part, de même que la forme des cheveux ou leur vitesse de pousse, la propension à l'alopécie varie selon l'appartenance ethnique de l'individu. Ainsi que l'avait montré Hamilton dès les années 1940, les chevelures asiatiques y sont moins sensibles que les autres. Par contre, malgré la relative absence de données concernant les chevelures africaines, celles-ci semblent à égalité avec les chevelures caucasiennes vis-à-vis de l'alopécie. Il s'agit là encore d'un aspect lié à la génétique même si d'autres éléments, comme l'alimentation, rentrent en compte.

  Le facteur local
Les diagrammes d'Hamilton le montrent bien : les différentes zones de la chevelure ont un comportement différent devant l'alopécie. Celle-ci s'installe d'abord en bordure du front, dans les régions appelées golfes temporaux-frontaux, avant de gagner le sommet du crâne, le vertex . A l'opposé, la nuque et les tempes offrent une résistance extrême et les calvities totales sont extrêmement rares. On en arrive le plus souvent à un aspect en tonsure monacale : on parle alors de calvitie hippocratique, en l'honneur d'Hippocrate chez qui subsistait également cette dernière couronne de cheveux.


  Les facteurs aggravants
Certains facteurs peuvent influer sur l'alopécie, soit en favorisant son apparition, soit en accélérant sa propagation. D'autres sont à l'origine d'alopécie temporaire.
C'est le cas de la chimiothérapie. Ce traitement consiste à empêcher la prolifération des cellules cancéreuses de l'organe malade. Pour ce faire, on utilise des substances qui bloquent la division cellulaire, la mitose , dont le taux est très élevé chez les cellules cancéreuses. Or les cheveux possèdent le taux de mitose le plus important du corps humain. Par conséquent, ils sont les premières victimes de la chimiothérapie : le blocage de leur croissance entraîne une chute de cheveux importante. A l'arrêt du traitement, ils repoussent et reprennent leur cycle habituel.

La radiothérapie et la prise de certains médicaments peuvent aussi provoquer des alopécies temporaires qui s'arrêteront à la fin du traitement.
Il en est de même pour les carences alimentaires et vitaminiques. La chevelure altérée repren-dra son aspect normal au fur et à mesure que l'alimentation se rééquilibrera.

Enfin, pour des raisons encore obscures, le stress est parfois à l'origine d'une disparition brutale des cheveux sur une zone de quelques cm2. Ce phénomène appelé pelade est généra-le-ment de courte durée et les cheveux repoussent spontanément quelques mois après.

On le voit, les nombreux facteurs dont dépend l'alopécie rend son étude délicate. Néanmoins l'optimisme est de mise grâce aux nouveaux outils dont les chercheurs disposent aujourd'hui.
C'est ainsi que l'étude épidémiologique Su.Vi.Max a déjà fourni de précieuses données statistiques sur ce sujet. D'autre part, la mise au point d'un automate folliculaire permet de mieux comprendre l'apparition et l'évolution de l'alopécie. Enfin, la possibilité de faire pousser un cheveu in vitro autorise une nouvelle approche de la croissance du cheveu.




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